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À l’ONU, la jeunesse sud-coréenne en hanbok met en scène une autre idée de la mondialisation

À l’ONU, la jeunesse sud-coréenne en hanbok met en scène une autre idée de la mondialisation

À New York, une image de la Corée qui dépasse la K-pop

Dans les couloirs du siège des Nations unies à New York, l’image a de quoi marquer les esprits : une délégation de jeunes Sud-Coréens, vêtus de hanbok, participe à un forum international consacré à l’avenir des petites et moyennes entreprises. À première vue, la scène pourrait sembler anecdotique, presque photographique, tant elle réunit des éléments immédiatement reconnaissables de la puissance douce coréenne : la jeunesse, l’affirmation culturelle, l’ouverture au monde. Mais ce qui s’est joué lors de cette rencontre, organisée le 26 juin à l’ONU à l’occasion du forum international lié à la Journée mondiale des PME 2026, relève de quelque chose de plus profond. Il ne s’agit pas seulement d’une représentation folklorique, ni d’un simple déplacement symbolique à l’étranger. Cette présence raconte une transformation plus vaste : celle d’une jeunesse coréenne appelée à se penser non plus uniquement dans le cadre de l’école nationale ou de la compétition académique intérieure, mais comme une génération invitée à dialoguer avec les grands débats globaux.

Selon les éléments communiqués ensuite en Corée du Sud, cette délégation de jeunes a pris part à un événement organisé par l’ICSB, le Conseil international des petites entreprises, autour d’un thème central : la « future génération des PME ». Les participants ont assisté à des séquences officielles, mais aussi à des programmes orientés vers la jeunesse, notamment une session d’innovation. Ils y ont découvert, et dans une certaine mesure expérimenté, des discussions portant sur l’économie, l’innovation, la durabilité, le leadership féminin, l’intelligence artificielle, la transition numérique et le renforcement des capacités des jeunes. Là réside l’intérêt du sujet pour un lectorat francophone : la Corée du Sud, souvent résumée à ses séries, à sa musique ou à ses géants technologiques, montre ici une autre facette de sa projection internationale — celle d’une société qui met en avant sa relève civique dans un cadre multilatéral.

Pour les publics de France, de Belgique, de Suisse romande, mais aussi d’Afrique francophone, cette séquence résonne avec des débats déjà familiers. Comment les jeunes peuvent-ils être associés aux enjeux économiques et sociaux qui structureront leur avenir ? Comment conjuguer héritage culturel et modernité technologique sans les opposer ? Comment faire de la mondialisation autre chose qu’une circulation de produits et de marques, pour en faire aussi un espace d’apprentissage et de représentation ? En cela, la scène observée à New York mérite mieux qu’un simple commentaire de circonstance. Elle illustre une stratégie de présence au monde où le vêtement traditionnel devient un langage, et où la jeunesse devient messagère d’une identité capable de parler le futur.

Le hanbok, un vêtement qui dit l’histoire autant que le présent

Pour comprendre la portée de cette apparition, il faut d’abord revenir sur ce qu’est le hanbok. En Corée, il s’agit du costume traditionnel, reconnaissable à ses lignes fluides, à ses volumes amples, à ses couleurs souvent vives et à son élégance dépouillée. Longtemps associé aux fêtes, aux rites familiaux et aux grandes occasions, il a retrouvé, depuis plusieurs années, une visibilité renouvelée, notamment chez les jeunes générations. Dans les palais de Séoul, dans certaines cérémonies, dans des séances photo, dans l’univers du design ou de la mode réinventée, le hanbok n’est plus seulement un objet du passé. Il devient un signe de continuité, une manière d’affirmer que l’entrée dans l’hypermodernité ne suppose pas l’effacement des formes anciennes.

À l’international, le port du hanbok dans un événement diplomatique ou institutionnel n’est jamais neutre. Il agit comme un marqueur visuel immédiat, l’équivalent, toutes proportions gardées, de ce que pourrait produire en France la présence de jeunes représentants portant un costume inspiré d’un patrimoine régional dans une enceinte mondiale : non pour jouer les cartes postales, mais pour rappeler qu’une nation ne se réduit pas à ses chiffres de croissance, à ses performances technologiques ou à ses exportations culturelles. Dans le cas coréen, ce choix est d’autant plus significatif que le pays est souvent perçu à travers des symboles très contemporains : la K-pop, les plateformes de streaming, les smartphones, les cosmétiques, le cinéma primé, la gastronomie urbaine. Voir des adolescents ou de jeunes adultes en hanbok à l’ONU, c’est donc déplacer légèrement le regard.

Le message est double. D’un côté, la Corée montre sa fidélité à une tradition qui n’est pas reléguée au musée. De l’autre, elle dit que cette tradition peut circuler dans les espaces de décision mondiale sans se figer en décor. Le hanbok devient ainsi bien davantage qu’un habit : un médium de narration nationale. Il dit d’où l’on vient, mais aussi comment on veut être vu. Or cette articulation entre patrimoine et futur est précisément l’une des clés du succès culturel sud-coréen depuis deux décennies. De la même manière que le cinéma coréen peut mêler formes locales et langage universel, ou que la gastronomie coréenne s’exporte en conservant ses codes propres, le hanbok porté par des jeunes dans un forum économique international signale une confiance culturelle devenue très maîtrisée.

Pour un public francophone, on pourrait presque parler d’une diplomatie de l’allure. La tenue précède parfois la parole. Avant même d’entendre les interventions, les autres participants voient une proposition de récit : celle d’un pays où la jeunesse n’est pas invitée à choisir entre l’ancien et le nouveau, entre les racines et l’international, mais à tenir ensemble ces deux pôles. Dans une époque où la standardisation menace souvent de lisser les différences, cette image a une force rare.

Pourquoi un forum sur les PME concerne directement les jeunes

Le cadre même de l’événement mérite qu’on s’y arrête. La Journée mondiale des PME, reconnue par les Nations unies, vise à rappeler le rôle déterminant des petites et moyennes entreprises dans l’emploi, l’innovation, le développement territorial et la croissance durable. Dans l’espace francophone aussi, cette question est centrale. De Dakar à Abidjan, de Casablanca à Lyon, de Cotonou à Bruxelles, les PME constituent l’ossature de nombreux tissus économiques. Elles sont souvent moins visibles que les grands groupes, mais elles structurent la vie locale, soutiennent les familles, irriguent les quartiers, accompagnent les transitions et forment des viviers d’emplois. Dès lors, voir un forum international relier explicitement l’avenir des PME à la « future génération » n’a rien d’accessoire.

Le point essentiel est là : parler du futur des entreprises sans parler de ceux qui y travailleront, les transformeront ou les créeront demain n’a plus beaucoup de sens. Dans le contexte coréen, cette question est particulièrement aiguë. La Corée du Sud est souvent décrite comme un pays de haute performance éducative, mais aussi de forte pression scolaire, de compétition intense et d’attentes élevées vis-à-vis de la jeunesse. En participant à un forum de ce type, les jeunes délégués ne se trouvent pas face à une abstraction économique. Ils sont placés dans un espace où l’économie rencontre la citoyenneté, où l’innovation n’est pas seulement une affaire d’ingénieurs, mais aussi une réflexion sur la manière de vivre ensemble, de travailler, d’apprendre et de coopérer.

L’ICSB a notamment mis en avant une approche centrée sur l’humain face à l’intelligence artificielle et à la transition numérique. C’est un point capital. Trop souvent, les débats sur l’IA oscillent entre fascination technologique et anxiété sociale. En les replaçant dans le cadre des PME, donc des entreprises proches du terrain, du tissu quotidien et des réalités concrètes, le forum rappelle que la question n’est pas seulement de savoir quelles machines seront plus performantes, mais quel type de société on veut construire autour d’elles. Pour les jeunes, cet apprentissage est crucial. Ils hériteront d’un monde du travail profondément recomposé, où la polyvalence, l’éthique, la coopération interculturelle et la compréhension des outils numériques seront au moins aussi importantes que la maîtrise de compétences purement techniques.

Ce que montre la présence de la délégation coréenne, c’est donc l’élargissement du champ éducatif. L’éducation ne se limite plus à la classe, au manuel, à l’examen ou au concours. Elle inclut la fréquentation de lieux symboliques, la confrontation avec des enjeux internationaux, l’écoute de débats multisectoriels et la capacité à se présenter soi-même dans un contexte globalisé. Pour des lecteurs francophones habitués aux discussions sur l’orientation, l’insertion des jeunes, l’entrepreneuriat ou l’éducation civique, l’exemple coréen ouvre une perspective stimulante : celle d’une pédagogie du monde réel, dans laquelle la représentation culturelle et l’apprentissage des grandes transitions se renforcent mutuellement.

Innovation, durabilité, leadership féminin : le vocabulaire de la nouvelle génération

Les thèmes abordés pendant le forum disent beaucoup de l’époque. Économie, innovation, durabilité, leadership féminin, autonomisation des jeunes : à première vue, la liste ressemble à celle de nombreux colloques internationaux. Pourtant, leur réunion au sein d’un programme impliquant une délégation de jeunes revêt une signification particulière. Elle suggère que les générations montantes sont désormais invitées à penser les enjeux non pas séparément, mais comme un ensemble cohérent. L’innovation sans durabilité produit de nouvelles impasses. La croissance sans inclusion reproduit les déséquilibres. Le numérique sans réflexion éthique creuse les fractures. Le leadership sans diversité se condamne à l’entre-soi. Quant à l’autonomisation des jeunes, elle ne peut rester un slogan si elle n’est pas reliée à des espaces où ces derniers peuvent observer, apprendre et, progressivement, prendre part.

Le leadership féminin, notamment, mérite attention. En Corée du Sud comme ailleurs, la question de la place des femmes dans les sphères économiques et décisionnelles reste un sujet majeur. Le fait que cet enjeu figure parmi ceux proposés à de jeunes participants n’est pas anodin. Cela signifie que la formation d’une conscience citoyenne et professionnelle ne passe plus seulement par la transmission de savoirs techniques, mais par l’intégration de débats sur la représentation, l’égalité et la justice sociale. Pour un lectorat francophone, cette articulation paraît familière : en Europe comme en Afrique, les discussions autour de l’accès des femmes à l’entrepreneuriat, au financement, à la direction des entreprises ou aux métiers technologiques occupent une place croissante. Que la jeunesse coréenne soit exposée à ce vocabulaire dans un cadre international indique une volonté claire de préparer une génération à lire la complexité du monde.

La durabilité, de son côté, ne se réduit pas à un vernis écologique. Dans le contexte des PME, elle renvoie à des choix très concrets : modes de production, résilience locale, gestion des ressources, innovation sobre, adaptation aux crises. Là encore, le rapprochement avec les réalités francophones est évident. Beaucoup de sociétés, au Nord comme au Sud, se trouvent confrontées à la nécessité de concilier développement économique, contraintes climatiques, pression démographique, aspirations sociales et transformations numériques. Le fait d’introduire les jeunes à ces sujets sur une scène internationale revient à reconnaître qu’ils ne sont pas simplement les héritiers passifs des décisions présentes, mais des acteurs en formation.

Enfin, l’innovation, dans ce cadre, n’apparaît pas comme un simple mot d’ordre technophile. Elle désigne une capacité d’adaptation, une imagination sociale, une aptitude à inventer de nouvelles solutions dans un monde instable. C’est ici que la participation coréenne prend un relief particulier. La Corée du Sud est souvent admirée pour sa rapidité d’adoption technologique et sa puissance industrielle. Mais ce type d’événement montre qu’elle cherche aussi à former symboliquement des citoyens capables d’habiter cette modernité avec conscience, et non de la subir. En cela, l’image de jeunes en hanbok écoutant des discussions sur l’IA et la transition numérique n’a rien d’un paradoxe ; elle résume au contraire la grammaire culturelle d’un pays qui sait que l’avenir se gagne autant par les récits que par les infrastructures.

Une diplomatie culturelle portée par les adolescents et les étudiants

Ce déplacement de jeunes Coréens au siège de l’ONU s’inscrit dans un mouvement plus large : la montée en puissance d’une diplomatie culturelle diffuse, souvent portée par des acteurs qui ne sont pas des diplomates au sens classique du terme. Depuis plusieurs années, la Corée du Sud exporte une image extrêmement structurée d’elle-même, parfois avec une remarquable cohérence entre industries culturelles, institutions publiques, initiatives éducatives et présence numérique. La nouveauté, ici, est que les jeunes ne sont pas seulement les consommateurs ou les ambassadeurs indirects de cette image ; ils en deviennent les incarnations directes dans des enceintes internationales.

Autrement dit, la Hallyu — cette « vague coréenne » qui a envahi les écrans, les playlists, les réseaux sociaux et les assiettes — change de registre. Elle ne se limite plus à l’enthousiasme pour les groupes de K-pop, les dramas ou la cuisine coréenne. Elle entre dans des espaces où il est question de gouvernance, d’économie, d’éducation et de société. C’est un glissement important. Il signifie que la culture coréenne n’est plus reçue uniquement comme un objet de divertissement ou de consommation, mais aussi comme le point d’entrée vers une compréhension plus large de la société qui la produit.

Pour les lecteurs de France et d’Afrique francophone, cette évolution mérite d’être soulignée. Bien des pays cherchent aujourd’hui à mieux raconter leur jeunesse au monde. Certains le font par le sport, d’autres par la musique, par la francophonie, par les industries créatives ou les diasporas. La Corée, elle, semble ajouter une corde supplémentaire à son arc : faire de la jeunesse un vecteur visible de son récit national dans des lieux hautement symboliques. Le choix de l’ONU n’est évidemment pas neutre. C’est l’espace où se croisent les discours sur le multilatéralisme, le développement, la coopération, les normes et les imaginaires du commun. Y apparaître en portant sa culture, tout en discutant d’innovation et d’entreprise, revient à dire : nous ne venons pas seulement montrer qui nous sommes, nous venons aussi parler du monde qui vient.

Il serait exagéré, faute d’éléments plus détaillés sur la composition de la délégation ou sur les prises de parole individuelles, d’en faire un tournant historique. Mais il serait tout aussi réducteur de n’y voir qu’une opération de représentation sans contenu. L’intérêt de cette séquence tient précisément à sa sobriété. Aucun grand spectacle, aucune débauche de communication, aucune dramatisation excessive : seulement une présence, des échanges, des thèmes de travail, et un geste visuel fort. Dans un univers saturé d’images, cette retenue lui confère paradoxalement une certaine puissance.

Ce que cette scène dit de la société coréenne contemporaine

La scène new-yorkaise révèle en creux plusieurs évolutions de la Corée du Sud contemporaine. D’abord, un rapport de plus en plus assumé entre identité nationale et circulation mondiale. Longtemps, de nombreux pays ont pensé l’internationalisation comme une forme d’adaptation où il fallait atténuer ce qui faisait la singularité locale pour être lisible à l’extérieur. La Corée, elle, procède de plus en plus souvent à l’inverse : elle internationalise en affichant ses particularités. Qu’il s’agisse de langue, de gastronomie, de mode ou de références historiques, elle avance désormais avec la conviction que le local bien assumé peut devenir universellement intelligible.

Ensuite, cette présence montre une redéfinition de la jeunesse. Les jeunes Sud-Coréens sont encore souvent décrits à travers les tensions qui les traversent : pression académique, coût du logement, compétition professionnelle, inquiétudes démographiques, fatigue sociale. Toutes ces réalités existent et elles ne doivent pas être minimisées. Mais l’image venue de New York en montre une autre dimension : celle d’une génération aussi sollicitée pour représenter, dialoguer, observer et se projeter. En d’autres termes, la jeunesse n’est pas seulement le symptôme d’un malaise ou l’objet d’une inquiétude nationale ; elle devient aussi un sujet capable de se tenir dans les espaces où se fabriquent les récits collectifs.

Enfin, il y a l’idée que l’ordinaire coréen devient lui-même un contenu global. Non plus seulement les grandes productions culturelles, mais les pratiques éducatives, les formes de sociabilité, les modes de présentation de soi, les articulations entre tradition et modernité. Ce phénomène intéresse particulièrement les sociétés francophones, où la question de la transmission culturelle à l’ère globale est partout posée. Comment faire vivre l’héritage sans l’enfermer ? Comment permettre aux jeunes d’être du monde sans se dissoudre dans l’uniformité ? La délégation coréenne apporte, sinon une réponse, du moins une image concrète de ce possible équilibre.

On pourrait presque dire que cette journée à l’ONU a condensé un style de jeunesse. Un style entendu non pas au sens de la mode, mais au sens d’une manière d’habiter son temps. Porter le hanbok, parler du futur, écouter des débats sur les PME, l’intelligence artificielle et la durabilité, rencontrer d’autres jeunes du monde entier : tout cela dessine une forme de présence où les identités ne sont pas figées, mais articulées. Pour des lecteurs francophones parfois lassés des oppositions simplistes entre tradition et modernité, national et global, culture et économie, cette scène coréenne a valeur de contre-exemple utile.

Un signal discret, mais révélateur, pour l’avenir

Au fond, l’importance de cet épisode tient moins à l’ampleur de l’événement qu’à ce qu’il suggère pour l’avenir. Une délégation de jeunes Sud-Coréens participant, en hanbok, à un forum international sur les PME et les générations futures : la formule pourrait sembler modeste dans le flux continu de l’actualité mondiale. Pourtant, elle contient plusieurs lignes de force de notre époque. La nécessité de former les jeunes au-delà des frontières nationales. Le rôle croissant de la culture comme langage diplomatique. Le besoin d’ancrer la transition numérique dans une réflexion humaine. L’importance des PME dans les économies réelles. Et, plus largement, la conviction que les générations montantes doivent être exposées tôt aux cadres où se discutent les grands choix collectifs.

Pour la Corée du Sud, cette image prolonge une trajectoire déjà bien engagée : celle d’un pays qui n’exporte plus seulement des produits culturels, mais un imaginaire de société. Un imaginaire dans lequel l’excellence technologique cohabite avec l’attachement au patrimoine, où la jeunesse apparaît à la fois performante, mobile, connectée et consciente de sa représentation. Pour le monde francophone, cette scène invite à regarder la Hallyu autrement. Au-delà des scènes de concert, des plateformes de streaming et des tendances culinaires, elle révèle une profondeur institutionnelle et éducative souvent moins commentée. La Corée ne raconte pas seulement des fictions efficaces ; elle met aussi en circulation une certaine manière de fabriquer du lien entre culture, formation et mondialisation.

Il faut enfin mesurer ce que cette journée dit, très simplement, de la force des symboles. Dans les grandes enceintes internationales, les discours abondent, les formulations se ressemblent, les priorités s’alignent souvent selon des cadres connus. Mais il arrive qu’une image, plus qu’un slogan, retienne l’attention. Celle de jeunes Coréens en hanbok, au siège de l’ONU, parmi des débats sur l’innovation, la durabilité et l’avenir des entreprises, fait partie de ces images qui restent. Parce qu’elle dit quelque chose d’essentiel : la mondialisation n’oblige pas à choisir entre visibilité culturelle et participation aux sujets sérieux. Elle permet, au contraire, de montrer que l’on peut entrer dans les conversations du futur sans laisser ses héritages au vestiaire.

C’est peut-être là la leçon la plus intéressante de cette séquence. Dans un monde où tant de sociétés cherchent à former des citoyens capables de naviguer entre plusieurs appartenances, la jeunesse sud-coréenne offre un tableau parlant : celui d’une génération qui se présente au monde sans effacer ses signes distinctifs, et qui apprend à parler du futur en assumant pleinement d’où elle vient. À l’heure où les scènes internationales se demandent comment mieux associer les jeunes aux décisions qui façonneront leurs vies, la Corée du Sud n’apporte pas une réponse définitive. Mais elle propose, à travers ce moment new-yorkais, une mise en scène convaincante d’un principe simple : pour préparer l’avenir, il faut parfois savoir arriver vêtu de sa propre histoire.

Source: Original Korean article - Trendy News Korea

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